Cet engouement pour la longue distance prouve que la course à pied est aujourd'hui LE sport à la mode. Ne dites d'ailleurs plus «jogging», c'est ringard, mais «running». Selon une étude Kantar, la France compte aujourd'hui 7,8 millions d'adeptes, un peloton qui a grossi de 1,9 million de personnes en seulement deux ans, notamment grâce aux femmes. Des 5 kilomètres d'Esbly, en Seine-et-Marne, aux Foulées pontoises, 5.800 courses, dont 57 marathons, se tiennent chaque année dans l'Hexagone. «Il y a encore quelques années, on passait pour un extraterrestre à courir dans la rue, se souvient Xavier Rivoire, marathonien confirmé et directeur de la communication de Décathlon. Aujourd'hui, ils sont partout!»
Au-delà de l'argument de la santé, valable pour le sport en général, les raisons de ce succès sont multiples. «C'est la discipline idéale pour les gens pressés puisqu'on peut l'effectuer en une heure douche comprise, explique Renaud Vaschalde, analyste sport au sein du cabinet d'étude NPD. Il ne nécessite ni infrastructure ni inscription, et ne coûte pas très cher.» Quoique. Pour améliorer leurs performances, les coureurs n'hésitent plus à mettre 180 euros dans une paire de chaussures high-tech, dont les prix ne cessent d'ailleurs d'augmenter. Bien qu'accessible, le running est par ailleurs majoritairement pratiqué par les catégories CSP +. Elles composaient 69% du cortège du dernier Marathon de Paris.
Impossible de chiffrer la part du running dans les 10 milliards d'euros que pèse le commerce des articles de sport en France (sources : NPD et Insee). La discipline est la troisième la plus pratiquée en France derrière la natation et le fitness, selon l'Observatoire international de la consommation sportive de l'Essec. Le seul marché de la chaussure de course atteint 405 millions. Et derrière les leaders Asics, Nike et Adidas, on trouve de brillants spécialistes français comme Hoka (80 millions d'euros de chiffre d'affaires prévus en 2015).... (Article original complet sur Capital.fr)